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BIOGRAPHIE



Frédéric Talgorn est né à Toulouse le 2 juillet 1961. Il y passe une enfance marquée par une passion pour la musique qui devient rapidement omniprésente. Il suit ses premiers cours de musique au conservatoire de la ville et, rapidement, s'installe à Paris - en 1969 - avec sa famille. Il suit les cours de Sabine Lacoaret et Yvonne Loriot au Conservatoire de la Capitale. Cette expérience se révèle brève puisque Frédéric - souhaitant suivre un chemin plus personnel - se consacre de plus en plus à l'écriture, l'étude de l'harmonie du contrepoint et de la fugue, tout en étant suivi régulièrement par des compositeurs (comme Jean Jacques Werner). C'est ce dernier qui va diriger pour la première fois une oeuvre signée Frédéric Talgorn, en Suisse. Cette pièce pour cors et trompettes est interprétée par 96 musiciens.


Les années suivantes, Frédéric affine et complète sa formation. Il fait jouer quelques unes de ses oeuvres, non sans difficultés. Il décide alors - comme beaucoup de compositeurs - de se tourner vers le cinéma, afin que sa musique puisse être « entendue » ; sa première série TV - Trakal pour FR3 - ne débouche sur rien de concret. Il compose les musiques de quelques publicités "Crunch", "Atlas", "Philip Morris", "Mont Blanc" et "Giacomo Perfume." Puis, après un premier contact avec Los Angeles en 1985 et ne voyant rien venir de France, il décide de s'installer en Californie en 1987. Paradoxalement, quelques mois après s'être installé à Los Angeles, il reçoit un appel du réalisateur Gérard Kikoine. Il cherche un compositeur pour la musique de son film EDGE OF SANITY. Frédéric saute sur l'occasion et compose une musique symphonique qui reste - encore à ce jour - une de ses meilleures :


"J'ai mis dans la musique toute l'exaltation de l'écriture de cette première musique de film et je crois que c'est bien ressorti. Il y évidemment une énorme différence entre la musique et le film. Je dois d'ailleurs dire que le film était d'ailleurs si peu satisfaisant du point de vue cinéma que je me suis plus consacré à la musique en elle-même, que sur son rapport avec l'image, ce qui est une erreur et ce que l'on ne devrait pas faire. Je crois que j'ai voulu faire dans cette musique le mieux que je pouvais et cela reste aujourd'hui, d'un point de vue musical pur, une de mes musiques préférées." (1)

Il compose également la musique du trailer du film TRUST ME (dont le score est signé Elmer Bernstein). Il s'en faudra de peu pour que Frédéric ne refasse le score de ce film. C'est par ailleurs grâce à l'assistante monteuse de ce film qu'il est engagé pour ROBOTJOX de Stuart Gordon :

"Lorsque j'ai vu le film pour la première fois, il était évident qu'il s'agissait d'un film de Science Fiction. Lorsque j'ai parlé à Stuart Gordon, le réalisateur, il le voyait comme un western dans le futur. Il m'a parlé de certaines musiques qu'il aimait et qu'il voyait bien dans le film. Il m'a parlé de THE WILD BUNCH, où il aimait bien les percussions ainsi que d'Aaron Copland (...) Il voulait quelque chose de très conventionnel : beaucoup de cuivres, des percussions." (2)

Etrangement les musiques de ces deux premiers films (EDGE OF SANITY et ROBOTJOX) sont enregistrées à....Paris avec le Paris Philharmonic Orchestra. Suit BURIED ALIVE, pour lequel il compose une dizaine de minutes de musique pour synthétiseur (le reste du score étant un temp track de sa musique pour EDGE OF SANITY). A oublier. Cette déconvenue est vite oubliée puisque Frédéric est engagé par Cannon Films pour DELTA FORCE 2. Il écrit 75 minutes de score, majoritairement pour synthétiseur, par manque de moyens de la production. Par chance un CD, le premier de sa carrière en ce qui concerne la musique de film, est édité par le label Alhambra en Allemagne et la musique est (bien entendu !) enregistrée à Paris :

"Il voulait un score orchestral et ne m'ont pas donné les moyens de le faire et on a été obligé de finir le score avec des synthétiseurs. C'est une erreur et c'est quelque chose que je ne revendique pas du tout."(3)

Frédéric profite des sessions d'enregistrements de DELTA FORCE 2 pour enregistrer deux thèmes de son nouveau film, LE BRASIER, qu'il soumet à Eric Barbier, le réalisateur. Le score est enregistré en Novembre 1990 à Paris. Très grosse production pour l'époque, produit par Jean François Le Petit, le film est un bide retentissant, malgré certaines qualités. Sorti en plein début de la Guerre du Golfe, il n'a pas été aidé par les circonstances :

"Pour LE BRASIER, j'ai eu une liberté d'expression que je n'ai pas eu dans les autres films (...)LE BRASIER est un film qui n'a pas marché, qui avait des problèmes (...) Le film même s'il n'est pas très bon, contient des éléments qui m'ont permis d'exprimer un côté romantique, cela m'a aidé pour l'écriture." (4)

L'échec du BRASIER ne ralenti pas sa carrière bien au contraire. Frédéric est, dans les mois qui suivent, engagé pour la musique du PARCOURS DE LA FLAMME OLYMPIQUE. Il compose la musique en septembre et octobre 1991. Un CD est édité à 200 exemplaires pour la presse :

"La musique a été composée avant que le spectacle ne soit fait. Je n'ai rien vu excepté des dessins, un synopsis, des story-boards. Je n'ai pas eu d'indications musicales." (5)

En 1992, Frédéric retrouve Stuart Gordon pour FORTRESS. Un film avec Christophe Lambert qui connaît un certains succès (notamment en France et en Australie). La musique est enregistrée à Salt Lake City :

"J'ai utilisé un orchestre qui était loin d'être satisfaisant, je ne suis pas trop satisfait de la façon dont c'est joué. FORTRESS était un projet très intéressant, très conventionnel et j'ai travaillé pour la seconde fois avec Stuart Gordon, ce qui est toujours un vrai plaisir..." (6)

Peu après, il est engagé pour composer la musique de deux épisodes des INDIANA JONES CHRONICLES. Près de 50 minutes de musique doivent être écrites en 12 jours. Les deux épisodes, SOMME et ALLEMAGNE-1917 sont enregistrés à Munich. Il compose également la musique d’un troisième épisode, PARIS 1908 mais celle-ci n’est pas utilisée :

"C’est Joel McNeely qui devait le faire. Il a fait le spotting session avec George Lucas mais Laurence Rosenthal et Joel McNeely se sont rendu compte qu’ils n’auraient pas le temps de faire tous les épisodes avant de finir la série et ils m’ont demandé de finir les trois épisodes, y compris PARIS 1908 que l’on n’a pas voulu respotter avec moi. Le spotting était fait et j’ai écrit la musique par rapport aux notes de Joel McNeely, ce qui est une chose que je ne referai jamais, car c’est très dangereux. La preuve ce que le résultat n’a pas été ce qu’ils voulaient." (7)

Fin 1992, Frédéric compose le score de THE TEMP, film qui connaît des problèmes de post-production.

"J’ai enregistré les 45 premières minutes du score sans savoir comment le film allait finir, sachant que c’est un thriller, c’est très embêtant (...) la fin de ce film a été changée cinq fois et lors du mixage il n’a pas été possible de diviser la musique écrite pour les scènes." (8)

Une partie de sa musique n’est pas utilisée, des morceaux identiques sont placés plusieurs fois, le mixage ne fait pas du tout honneur à son travail. Cependant, Varèse Sarabande édite la musique comme originellement conçue par Frédéric. 1993 est marqué par la composition de la musique d’ouverture de l’attraction CIRCLE VISION à Disneyland Paris, puis le reste de l’année est consacré à la commission faite pour les fêtes de la St Vincent à Dijon, en Janvier 1994. Naîtra VINUM ET SANGUINEM, ode à St Vincent, oeuvre religieuse de 67 minutes dont la première mondiale a lieu le 30 Janvier 1994. La même année il signe le score de Legends In Light : The Photography of George Hurell, film TV produit par Turner Pictures, narré par Sharon Stone.

 Les années 95 et 96 sont des années qui le voient en retrait dans sa production pour le cinéma et la télévision (il compose néanmoins les musiques de ACROSS CHINA WITH THE YELLOW RIVER et MEETING OF MINDS en 1996). Il signe avec le label DeWolfe pour enregistrer, régulièrement, à partir de 1996, des albums de musique destinés à être utilisés par les médias (neuf ont été réalisés à ce jour). Ecrits pour grand orchestre, ils marquent le début d’une fructueuse collaboration avec le Philharmonia Orchestra de Londres. 1997 marque aussi son retour sur le grand écran avec les musiques de MONTY SPINNERRATZ et ANGELS IN THE ENDZONE. Le premier film est une production Germano-Américaine (RAT’S TALE aux USA) qui lui offre l’opportunité d’écrire une splendide partition symphonique, le second, la suite TV de ANGELS IN THE OUTFIELD, un gros succès cinéma en 1994.

En 1999, il signe la musique du téléfilm DEVIL’S ARITHMETIC, qui traite de la vie des enfants dans les camps de concentration durant l’Holocauste. Cette production est fort bien reçue par les critiques et met en vedette Kirsten Dunst. Il est associé également à la télévision pour THE WRONG GIRL, puis l’année suivante pour COMMON GROUND, film composé de trois histoires distinctes traitant de l’homosexualité ("Friends of Dorothy","Mr. Roberts","Amos and Andy"). Le label Varèse Sarabande fait appel à ses services pour quatre albums, enregistrés avec le Royal Scottish Opera Orchestra. Il réenregistre, avec grande réussite et un professionnalisme exemplaire, les musiques de John Barry pour BORN FREE, de Franz Waxman pour PEYTON PLACE, et certains extraits de deux albums de science fiction : THE PHANTOM MENACE et ULTIMATE STAR TREK.

En 2000, il signe une des partitions phares de l’année pour HEAVY METAL 2000. La musique est enregistrée en Août à Munich.

"C'est une partition que j'aime beaucoup, même avec le recul et qui, je me souviens, m'a demandé beaucoup de travail."(9)

Entre 2001 et 2002 son activité principale est la conception d’album pour le label DeWolfe mais en 2003, Frédéric fait son grand retour sur les écrans français avec le film de Chantal Lauby : LAISSE TES MAINS SUR MES HANCHES. Ce film est le premier mis en musique par ses soins depuis LE BRASIER, en 1990.

Ce sera une très fructueuse collaboration qui amènera - sans surprise - Frédéric à composer la musique du film d’Alain Chabat RRRrrrr!!!, film qui ne marchera malheureusement pas dans les salles.

2005 confirme ce retour en France, il signe la musique de ANTHONY ZIMMER, film avec Yvan Attal et Sophie Marceau.

"Le metteur en scène Jérôme Salle a été trés clair sur ses intentions, il a accepté la premiere idée musicale que je lui ai jouée au piano, et j'ai pu ensuite construire et décliner librement le reste de la partition. Il faut dire aussi que nous n'avions pas le temps de discuter en détails de chaque scène, chaque minute comptait pour la composition et l'orchestration."(10)

Frédéric Talgorn continue de travailler pour la production américaine avec, à son crédit, le film destiné aux cinémas IMAX-3D : ROBOTS OF MARS alors que la fin d'année 2005 et le début 2006 sont marqués par un planning chargé pour le cinéma : LES AIGUILLES ROUGES, NOS JOURS HEUREUX et  PRESIDENT.

Tout en exerçant ce parcours cinématographique, Frédéric Talgorn poursuit l'écriture d'oeuvres de concerts et réalise deux nouveaux albums pour le label DeWolfe.

Fin 2006, ont lieu les enregistrements de la musique de MOLIERE, comédie fiction extrêmement réussie, et le premier semestre 2007 est essentiellement consacré au travail sur ASTERIX AUX JEUX OLYMPIQUES, grand rendez-vous cinématographique du début de l'année 2008.

"Je peux dire que cela a été une très belle aventure tant sur le plan humain que sur le plan artistique.  Le film offrait de magnifiques possibilités d’expression musicales et m’a permis de me laisser aller sur tous les styles musicaux que le film exigeait, que cela soit la comédie bien sur, mais aussi les grandes envolées lyriques, le suspense, le “Péplum”, l’action intense ou même le carrément bizarre.  Je voulais écrire une partitiquireflète ce que le film est: une comédie, mais de très grande envergure, aussi énorme que les bataillons du rêve de Brutus."(11)

De multiples projets sont en cours de finalisation, d'ores et déjà annoncé pour fin 2008, MES STARS ET MOI avec Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart.

M. Talgorn réside à Los Angeles et Munich.

 (1/8) Entretien avec Yann Merluzeau - 1993.

 (9/10) q&a avec Yann Merluzeau - 2005. (version intégrale ici)

(11) q&a avec Yann Merluzeau - 2007. (version intégrale ici)